Pour une typologie des anglicismes en français du Canada

by Lionel Meney
Citation
Title:
Pour une typologie des anglicismes en français du Canada
Author:
Lionel Meney
Year: 
1994
Publication: 
The French Review
Volume: 
67
Issue: 
6
Start Page: 
930
End Page: 
943
Publisher: 
Language: 
English
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Abstract:

 

THE FRENCH REVIEW. Vol. 67, No. 6, May 1994 Printed rn U.5.A

Pour une typologie des anglicismes en franqais du Canada

par Lionel Meng

LA QUESTION DES ANGLICISMES' se pose d'une manière différente au Canada et en Europe francophone. Si l'on s'en tient aux tendances dominantes, les anglicismes sont sentis au Canada français comme le signe de la menace, toujours présente, à l'identité nationale, alors qu'en Europe, et particu- lièrement en France, ils représentent souvent la "modernité", quand ils ne passent pas tout simplement "inaperçus". Cependant, il faut reconnaître que le problème des anglicismes est beaucoup plus "grave" en français du Canada qu'en français d'Europe. En effet, on doit souligner que, dans ce pays, les anglicismes ont pénétré toutes les parties de la langue depuis la prononciation jusqu'au lexique, en passant par la syntaxe et les tournures métaphoriques.

Le classement que nous proposons2 regroupe certainement la plupart des types d'anglicismes présents en français du Canada. Mais cela ne veut pas dire que tout le monde les emploie et ce, dans toutes les circonstances. Une typologie ne doit pas cacher la complexité de toute situation linguistique. Il faut en effet tenir compte de facteurs comme le sexe, l'origine sociale, le niveau d'éducation, la situation d'énonciation, le registre de langue, etc. Par ailleurs, il est parfois difficile d'éviter les chevauchements d'une catégorie sur l'autre. Nous nous sommes cependant efforcé de limiter au minimum ce danger inhérent à la nature même de la langue. Nous considérons en effet qu'il y a plus d'avantages que d'inconvénients à établir une typologie des anglicismes, avec ce risque d'imperfection, avantages aussi bien pour l'en- seignement que la recherche et l'aménagement linguistique.

1. Anglicismes de prononciafion ou anglicismes phonétiques

Dans cette catégorie, nous plaçons toute marque de l'influence de l'an- glais sur la prononciation des mots par les Canadiens français.

Pour les autres francophones, le trait le plus caractéristique de la pronon- ciation des Canadiens français, en dehors de l'accent, est la manière dont ils prononcent les mots d'origine anglaise ou d'autres termes sentis comme tels (par ex. les noms de famille sentis comme étrangers : Beethoven, Wagner). En fait, le traitement de ces termes est complexe dans le détail. Pour simpli- fier, on peut distinguer trois cas de figure: les mots entièrement assimilés au phonétisme du français canadien (par ex.: club, Boston), les mots adaptés au phonétisme du français canadien, et les mots prononcés à l'anglaise. Un mème mot peut avoir plusieurs prononciations relevant de chacune de ces trois catégories selon l'origine et l'éducation du locuteur, la situation d'énonciation, etc. Cependant la plupart des termes anglais ont été plus ou moins adaptés au phonétisme du français canadien. Voici quelques aspects de cette adaptation:

Au niveau du phonème (anglicismes phonémiques), on observe des in- terférences et des adaptations dans les domaines suivants: -Longueur des voyelles: Elle est souvent maintenue, surtout en syllabe unique accentuée (par ex.: cheap; cool; foam), mais aussi feeling; -Diphtongues: Elles sont souvent maintenues (par ex.: game; down, plywood);

-Prononciation de certains sons consonantiques: La prononciation anglaise peut être conservée, par ex. pour les sons: Irl(leader), Itchl (chips), ldjl (Jello);

-Prononciation de la séquence voyelle + m ou n: conservation de la dénasalisation (par ex. camping; bungalow; candy); -Simplification de certains sons consonantiques: chute du /hl (heavy); simplification du /th/ (thrill);

-Adaptation de certains sons vocaliques (lyl en lé/: party). 

Une étude systématique de ces phénomènes complexes reste à faire. 

On note également des anglicismes supra-segmentaux, c'est-à-dire des 
anglicismes qui sont la marque de l'influence de l'anglais sur la prononcia- tion du français canadien à un niveau supérieur au phonème (accent to- nique, intonation, mélodie de la phrase).

Au niveau de l'accent tonique, on observe les faits suivants: -Maintien de l'accent tonique anglais dans les cas, fréquents, de pronon- ciation conservée, par ex. dans barbecue, marketing. Mais aussi : -Adaptation de l'accent tonique anglais au système français (Vancouver, mais Washington). Peu d'études ont été faites sur la mélodie de la phrase. Celles qui existent insistent plutôt sur les points communs avec le français standard.

2.Anglicismes d'écrifure ou de graphie

Nous entendons par là toute influence de l'anglais sur la forme écrite du français canadien.

Les anglicismes orthographiques-c'est-à-dire toute influence de l'anglais sur l'orthographe de mots français-figurent dans cette catégorie. Ce genre d'anglicismes est tributaire du niveau d'éducation des individus. Leur fréquence peut s'expliquer par le fait que les Canadiens français sont sans cesse exposés à des graphies anglaises.

-Erreurs de voyelle: 1.Substitutions de voyelles: a à la place de e (conni- vance; example; rampart); -e à la place de a (correspondence; persistent; recommender). 2. Ajouts de voyelles: -ajout de u à l'intérieur d'un mot (guarantie; language; portuguais); -ajout de e à la fin d'un mot (désire; future; profile).

-Erreurs de consonnes: 1.Substitutions de consonnes: -m au lieu de n (comfort);-c au lieu de s (ou double s) (dancer; défence; terrace); -s au lieu de c (license; rinser); -t au lieu de c (conscientieux; négotiable); -z au lieu de s (Elizabeth; hazard, réalizer); -x au lieu de ct (connexion). 2. Ajouts de consonnes: -deux consonnes au lieu d'une (addresse; baggage; marriage; traffic; etc.). 3. Suppressions de consonnes. -une consonne au lieu de deux (domage; envelope; professionel; etc.).

Pour ce qui est de l'orthographe des mots anglais, on observe deux tendances: soit le maintien de la forme originale anglaise, soit une adapta- tion à l'orthographe et à la prononciation françaises.

-Maintien de l'orthographe anglaise: C'est le cas pour les emprunts directs qui n'ont pas été totalement assimilés. Ex.: butterscotch; shortening; truck.

-Concurrence de deux orthographes, anglaise et française: Certains termes ont deux orthographes, une anglaise et une francisée. Ce sont des mots sentis comme plus ou moins assimilés. En l'absence de dictionnaire canadien faisant autorité, on observe des fluctuations et, dans certains cas, il est difficile d'affirmer quelle est l'orthographe "reçue". Ex.: peanut ou pinotte, chéker ou tchéquer?

-Adaptation (francisation) partielle de l'orthographe anglaise: Certains termes, intégrés morphologiquement au français canadien, ont une ortho- graphe mixte, à moitié anglaise (le radical), à moitié française (le suffixe, la désinence). Ex.: goaleur; steamé; watcher.

-Adaptation (francisation) totale de l'orthographe anglaise: Les termes totalement assimilés sont orthographiés à la française et souvent le locu- teur ignore qu'il s'agit d'un terme d'origine anglaise. Ex.: calvette (culvert); clabord (clapboard); coquetel (cocktail).

Dans la catégorie des anglicismes d'écriture, il convient de mentionner les anglicismes typographiques (Toute influence de la tradition typographique anglaise dans l'emploi des minuscules et des majuscules, dans la forme et l'usage des abréviations, etc.).

-Emploi des minuscules et des majuscules: L'emploi des minuscules et des majuscules est différent en anglais et en français. Certaines formes peuvent s'expliquer par l'influence de l'usage anglais sur l'usage canadien- français. En particulier dans les cas suivants: 1. Majuscule aux noms des jours de la semaine et des mois (Ex.: au mois de Janvier). 2. Majuscule aux titres et aux fonctions des personnes (Ex.: S. M. la Reine Elisabeth; le Premier Ministre).

-Emploi des abréviations: Les règles d'abréviation sont différentes en anglais et en français. Certaines formes peuvent s'expliquer par l'influence de l'usage anglais, en particulier l'usage de faire des abréviations à partir des consonnes du terme abrégé (ex.: BLVD pour Boul. ou Bd; MTL pour Montréal); le nombre de lettres retenues (ave. pour av.); le point à la fin de l'abréviation (Dr.); etc. Une influence de l'anglais se rencontre aussi dans l'abréviation de l%eure (a.m. et p.m.), des grades universitaires (B. A.,M. A., Ph. D.), des désignations de professions (M.D.), des grades de l'armée (Capt.), des prénoms (Jos.), des provinces canadiennes, etc. Ces anglicismes s'expliquent par le fait que les Canadiens français vivent dans un environ- nement anglophone et nord-américain.

Autre sous-catégorie à noter, les anglicismes de ponctuation (Toute in- fluence des règles de ponctuation anglaises sur la ponctuation en français canadien). Par exemple dans la ponctuation de la date (10 février, 1992) et dans celle des nombres (virgule: 10,000, et point: 10.5). Pour des raisons pratiques évidentes, l'office de la langue française (OLF) a admis que l'us- age anglais (et ancien) de l'emploi des points et des virgules dans l'écriture des nombres soit conservé.

3. Anglicismes de forme ou anglicismes morphologiques

Ce sont les anglicismes qui portent la marque de toute influence de l'anglais sur la forme d'un mot en français canadien, y compris son nombre. Quand l'interférence ne porte que sur un morphème, on peut parler d'anglicismes morphémiques. Ils concernent en particulier les suffixes :

-Substantifs: -suffixe -eur au lieu de -ateur (adapteur; transformeur); suffixe -eur au lieu de -ier (plâtreur; plombeur -ce terme est cependant attesté en français de 1458 à1715);-suffixe -eur au lieu de -ant (tranquilli- seur; voteur -se disait en France à l'époque de la Révolution).

-Adjectifs: -suffixe -aire au lieu de -iste (inflationnaire); -suffixe -oire au lieu de -if (contributoire); -suffixe -é au lieu de -eux (médicamenté). -Verbes: -suffixe zéro au lieu de -iser (ridiculer); -suffixe -iser au lieu de zéro: (vitaminiser); -suffixe -fier au lieu de -iser (anglifier).

Parfois l'interférence porte sur l'ensemble du terme. Il s'agit alors de calques de mot. Par ex.: listage (listing), prérequis (prerequisite -se dit aussi en France). Plusieurs verbes appartiennent à cette catégorie : contracter (passer contrat); initialer (apposer ses initiales); originer (provenir de); pi- queter (se tenir sur un piquet de grève); retraiter (battre en retraite); etc.

Autre anglicisme morphologique: l'anglicisme de nombre (Toute influ- ence de l'anglais sur le nombre d'un terme en français canadien). On ren- contre le singulier au lieu du pluriel (ex.: finance pour finances -compagnie de finance; vacance pour vacances -prendre une vacance). Le pluriel au lieu du singulier (ex. : argents -les argents du gouvernement; banlieues -les banlieues de Montréal; en metières de; bureau des ventes; les quartiers généraux pour le quartier général).

-Remarque sur le genre de certains mots anglais en français canadien : Contrairement au français d'Europe, le français du Canada a tendance à féminiser les termes anglais qu'il assimile. Exemples: une cenne (cent; en France : un cent); une job (France :un job); une pine (cf. en France: un pin's); une sandwich: etc.

4. Anglicismes de construction ou anglicismes syntaxiques

Cette catégorie recouvre toute influence de la syntaxe anglaise sur la syntaxe du français canadien. Elle se subdivise en plusieurs sous-catégories:

-Calques de parties du discours. 1. Emploi de l'adjectif en fonction adver- biale. (Cette tendance se retrouve aussi dans le français parlé d'Europe et est très utilisée dans la langue de la publicité. Ex.: certain: J'irai certain pour : certainement). 2. Emploi de l'adverbe à la place d'un adjectif (Ex.: vite : être vite sur ses patins (rapide). Cet emploi de "vite" peut être vu également comme une tournure archaïque ou populaire; on le rencontre dans la langue des commentateurs sportifs français).

-Emploi de l'article : emploi indû de l'article (mon frère est un médecin).

-Calques de régime (Toute interférence de l'anglais sur le régime d'un mot) : 1. Régime du nom (Ex. : sans préjudice aux droits des (héritiers) (= pour les droits); un intérêt dans qch (pour); une demande pour (de). 2. Régime de l'adjectif (Ex.: responsable pour (de); prêt pour (à); satisfait avec (de).3. Régime du verbe: Verbes employés sans plutôt qu'avec préposition (Ex.: anticiper qch (sur qch); bénéficier qqn (à qqn); contribuer qch (pour qch); divorcer qqn (de qqn); permettre qqn (à qqn); etc.). Verbes employés avec plutôt que sans préposition (Ex.: blâmer sur qqn (qqn); commenter sur qch (qch); compenser pour qch (qch). Verbes employés avec une préposition différente (Ex.: être confronté avec (à); se fier sur (à); siéger sur (à); réservé pour (à); insister à (pour); acheter de (à). Verbes suivis d'une conjonction de subordination (Ex.: apprécier que; calculer que; insister que).

-Calques de préposition: Toute interférence de l'anglais sur l'emploi des prépositions devant un syntagme nominal. Emploi de -à (Ex.: à la main (sous la main); -avec (Ex.: avec perte (à); -de (Ex.: dans les dix jours de la signature (après la signature); -dans (Ex.: dans la parte (sur la porte); -en. (Ex.: en temps pour: à; mais ce peut être un dialectalisme des provinces de

-.

l'ouest), en campagne (à la), en profusion (à); -par (Ex.: 5 m par 6,pour : 5 m sur 6; cette forme s'emploie de plus en plus en France); -sur (Ex.: sur l'avion (dans), sur la lumière rouge (au feu rouge), sur le téléphone (au), sur un comité (dans); -sous (Ex. : sous arrêt, pour: en état d'arrestation), sous observation (en observation), sous étude (en cours d'étude), sous certaines circonstances (dans).

-Calques dans l'ordre des mots: 1. avec les adjectifs premier, dernier, prochain, autre, etc. et un nombre (Ex.: Les derniers cinq milles du par- cours). 2. avec la tournure comparative: le deuxième meilleur temps (le deuxième temps); la deuxième plus importante (la deuxième en impor- tance). Cette construction se développe actuellement en france par l'in- termédiaire des journalistes.

-Calques dans l'emploi de la voix: 1. Voix passive au lieu de la voix active (Ex.: être répondu (se faire servir); à être complété (à remplir); vendeuse recherchée (recherchons vendeuse). 2. Voix active au lieu de la voix réfléchie (Ex.: relaxer au lieu de se relaxer; spécialiser pour se spécialiser).

-Factitivité: omission de l'auxiliaire factitif faire. Ex.: circuler qch (faire circuler qch). -Calques d'ellipse de construction: après quand, lorsque, si, tel que (Ex.: tel que demandé; lorsque requis, etc.). -Calques dans l'emploi du participe présent (Ex.: comme étant; etc.).

5. Anglicismes de vocabulaire ou anglicismes lexicaux

Tout emprunt par le français canadien d'un terme du vocabulaire anglais ou d'une ou plusieurs acceptions d'un terme commun à l'anglais et au français.

1.Emprunts directs: Nous entendons par là tout terme du français cana- dien emprunté directement à l'anglais (anglais britannique ou nordaméricain).

-Emprunts directs sans. adaptation (Tout emprunt ayant conservé sa prononciation et son orthographe anglaises). En français canadien popu- laire, la liste de ces termes est très longue. Voici quelques exemples:

-Mots simples: bargain; bill; boss (emploi plus large qu'en français de France); bright; bumper; cartoon; cash; charcoal; cheap; chum; cute; dash; dull; fake; job (emploi plus large qu'en français de France); Party; rough; etc.

-Mots composés: antifreeze; deadline; plywood; bay window; egg roll; ginger ale; jelly fish; King size; life guard; pet shop; side line; fish'n chips; back order; bad luck; big shot; hot chicken; one way; burn out; stand by; half and half; wide open; etc.

-Marques déposées: Coke (en France: Coca); Cutex; X-acto (en France: cutter); Gyprock (en France: Placoplâtre); Kodak (appareil photo, vieilli, remplacé par caméra); Pagette (en France: Alphapage); Scotch tape (en France: Scotch); etc.

-Emprunts directs avec adaptation: ils comprennent les emprunts directs ayant subi soit une adaptation phonétique, soit une adaptation phonétique et orthographique, ou encore une adaptation morphologique. 1.Emprunts directs avec adaptation phonétique (Ex.: storage; club; fixture; etc. (pronon- ce6 à la franqaise). Une série de termes latins empruntés à l'anglais sont prononcés à la franqaise: affidavit; bonus (en France, dans les assurances: bonuslmalus); caveat; condominium (abrégé en condo); item (emploi plus large qu'en France); nil; subpoena; versus (emploi plus large qu'en France); etc. Le nombre et la vivacité de ces anglicismes s'expliquent par le fait que le Québec vit dans un environnement juridique et parlementaire d'origine britannique. 2. Emprunts directs avec adaptation phonétique et orthogra- phique: allô! (de hello!: salut!); balloune (balloon); bin(n)es (beans); cenne (cent); cossetarde (custard); dompe (dump); draveur (driver); filer (to feel); panéliste (panelist); ploguer (to plug); poutine (pudding); sloche (slush); vanne (van); etc. Remarque sur l'étymologie populaire :un certain nombre de termes anglais ont été rapprochés indûment de termes franqais "res- semblants". Ex.: coff(re) de cuff (revers de pantalon); stock de stuff (trucs, choses); chiff(r)e de shift (équipe de travail; quart de travail); mâche-ma10 de marshmallow (guimauve). 3.Emprunts directs avec adaptation morpholo- qique. Ex.: les verbes badtriper, booster, bumper, catcher, cruiser, etc.; les participes flyé, steamé, toasté, etc.; les noms jobbeur, shakage, etc.

2. Anglicismes sémantiques: Au nombre des anglicismes de vocabulaire, il faut ranger également les anglicismes de sens ou anglicismes sémantiques (Tout ajout de sens à un terme français sous l'influence de l'anglais).

-Anglicismes par ressemblance sémiologique: ce sont souvent les "faux- amis" de la tradition scolaire. Parfois il y a identité de signe, parfois, simple ressemblance. Ces anglicismes sont rarement sentis comme tels par les locuteurs natifs.

-Mots identiques: agenda (ordre du jour); accommodation (hébergement); audience (auditoire); balance (solde); change (monnaie); charger (faire payer); clair (net : finance); clérical (de secrétariat); copie (exemplaire); département (rayon); élaborer (donner des détails); élévateur (ascenseur); éligible (admissible; cet anglicisme pénètre en France par l'in- termédiaire des textes "communautaires"); patronage (favoritisme poli- tique); paver (goudronner; peut s'expliquer par une évolution parallèle des deux langues); professionnel (membre d'une profession libérale); questi- onner (contester); sauver (économiser); seconder (appuyer); etc.

-Une série de faux-amis d'origine française: carton (cartouche); construc- tion (travaux); cul de sac (impasse); détour (déviation); route (itinéraire, ligne); etc.

-Une série de statalismes: compagnie (société); corporation (société déclarée; ordre professionnel); comté (division administrative); etc.

-Mots ressemblants: biais (parti pris : bias; cet anglicisme se rencontre aussi en France); chapitre (chapter: section); conjoint (joint; anglicisme qui se répand aussi en France); craquelin (cracker); endosser (endorse); enre- gistrer (to register); entraînement (formation: training); étampe (tampon: stamp); filière (classeur: file); fournaise (furnace: chaudière); malle (mail: courrier); etc.

-Les anglicismes par traduction désignent toute interférence de l'anglais sur le sens ou la formation d'un terme simple ou composé du français canadien. Ces anglicismes sont rarement sentis comme tels par les locu- teurs natifs. 1.Mots simples (Tout ajout de sens à un mot simple français sous l'influence de son équivalent anglais). Ex.: arrêt (stop); bienvenue (je vous en prie); carré (square); chambre (bureau); coulage (fuite); coupure (réduction); lumière (phare); ouverture (poste vacant); plancher (étage); se rapporter (se présenter); vente (solde); etc.

3. Calques lexicaux (Tout mot composé du français canadien calqué sur un mot composé anglais). Leur nombre est très élevé. Contrairement aux Français, qui ont tendance soit à emprunter directement un terme soit à créer un nouveau terme à partir des ressources internes de la langue, les Canadiens français ont souvent le réflexe de traduire le terme anglais.

-Calques substantivaux

-N + N : bain-tourbillon; bureau-chef; coupon-rabais; drap-contour; fro- mage cottage; personne-ressource; plume-fontaine; horloge grand-père.

-N + prép. + N :

-à: banque à charte; bloc (à) appartements; charrue (à neige); édifice à bureaux; mouche à feu; scie à chaîne.

-de: ami de garçon; billet de saison; club de nuit; fin de semaine; mépris de cour; payeur de taxe; plan de pension; point de démérite; rapport d'impôts; système de son.

-en: musique en feuilles; nouvelles en bref; ordre en Conseil; virage en

u.

-N + prép. + art. + N : -à: hommes au travail; balance du pouvoir (en France : minorité de blo- cage); sauce aux pommes. -de: bureau des ventes; été des Indiens; ordre de la cour; société de la Couronne; chambre des joueurs; galerie de la presse.

-N + adj. : année académique (se dit aussi en Belgique et en Suisse); assaut indécent; aviseur légal; bénéfices marginaux; chaise berçante (en France: rocking chair); lit double; livraison spéciale; pouvoir électrique; su- cre brun; table tournante.

-Adj. + N : meilleur vendeur; grand total; haute pression; long-jeu (se rencontre parfois en France); premier nom.

-N + adv.: ovation debout (en France : standing ovation).

-V + N: lave-auto (en France : station de lavage).

-Prép. + N: sous-total; surtemps.

-Calques adjectivaux. Ex.: de première main; de seconde main.

-Calques verbaux

-V + N: faire application; plaider folie.

-V + N + prép.: prendre action contre; prendre avantage de; prendre charge de.

-V + art. + N: demander une question; faillir un examen; fermerlouvrir la ligne; loger une plainte; placer un appel; passer une loi; payer une visite; piloter un dossier; prendre une chance; prendre une marche.

-V + art. + N + prép.: avoir un goût pour; être le sujet de; garder un œil sur; mettre l'emphase sur; prendre la part de. -V + prép. + N: aller en grève; partir en affaires; tomber en amour; être hors d'ordre; aller sous presse. -V + prép. + art. + N: mettre à la scarp; mettre au vote; se tenir à l'attention. -V + prép. + N + prép.: être en charge de (cet anglicisme s'est introduit en France). -V + prép. + art. + N + que: être sous l'impression que; être d'opinion que (mais utilisé en France aux 16ème et 17ème siècles).

-Calques prépositionnels

-Prép. + N + prép.: en accord avec; en relation avec; en termes de.

-Prép. + art. + N + prép.: à l'emploi de; en l'absence de; pour le bénéfice de; en sa capacité de; pour les fins de; dans l'opinion de; au montant de.

-Prép. + art. + N + conj.: à l'effet que; avec le résultat que.

-Part. + prép.: référant à; dû à.

-Prép. + adv. + prép.: en-dedans de.

-Prép. + adv. + conj.: en autant que.

-Calques locutionnels

Ex.: au meilleur de ma connaissance; à tout événement; comme question de fait.

6. Calques idiomafiques ou phraséologiques

Ce sont toutes les expressions figurées du français canadien (parfois réduites à un mot) calquées sur des expressions figurées anglaises. Pour qu'il y ait calque idiomatique ou phraséologique, il faut qu'il y ait métaphore et que la métaphore provienne de l'anglais. Plusieurs expressions figurées, depuis longtemps utilisées au Québec, sont entrées récemment en France: mettre la pédale douce, être dans le rouge, la cerise sur le gâteau (sur le sundae). Ces anglicismes sont rarement sentis comme tels par les locuteurs natifs.

1. Images limitées à un mot. Ex.: cassé (fauché); geler (insensibiliser); gondole (cabine de téléphérique); etc.

2. Syntagmes phraséologiques -V + art. + N : -Traduction totale: avoir le plancher; avoir les bleus (en France: avoir le

blues); avoir des dents; crier des noms; manquer le bateau; passer le cha- peau; coûter un bras; tordre le bras; voir des étoiles. -Traduction partielle: avoir du guts; avoir du fun (le mot est entré en France récemment : c'est fun); avoir les shakes; frapper le jackpot.

-V + art. + N + adj.: avoir le dos large; avoir un profil bas (se dit en France); se faire du capital politique; avec numéral : jouer les seconds vio- lons; jouer les deux positions.

-V + art. + N + prép.: faire un fou de soi; paver la voie à; mettre le focus sur. -V + art. + N + prép. + art. + N: faire le tour du chapeau (en France: le truc du chapeau); mettre l'épaule à la roue.

-V + prép. + art + N: mettre sur la glace; mettre sur les tablettes (en France : au placard); faire face à la musique; monter sur le banc; rester sur la clôture; ne pas être sorti du bois.

-V + prép. + art. + N + adj.: être dans l'eau bouillante.

-V + prép. + art. + N + prép. + N: être sans les souliers de quelqu'un.

-V + prép. + dét. + N: parler à travers son chapeau.

-Calque au niveau de la phrase: 1.Phrase simple (Ex.: Le chat est sorti du

sac.)

2. Phrase complexe (Ex: Si le chapeau vous fait, mettez-le.).

7. Anglicismes de culture

Nous rangeons dans cette catégorie des usages non spécifiquement lin- guistiques, mais en rapport avec la communication linguistique. Nous pour- rions la définir comme tout usage anglais non spécifiquement linguistique, mais en rapport étroit avec la langue.

1.Langage gestuel. Les gestes qui accompagnent la parole des Canadiens français sont parfois influencés par la gestuelle anglo-saxonne. Ex. : Le geste des doigts quand ils disent : "entre guillemets"; le geste qui accom- pagne l'expression "croiser les doigts" (entrée récemment en frangais de France); le mouvement des doigts quand ils comptentà haute voix sur leurs doigts; etc.

2. Règles de présentation des textes. Par exemple, l'influence des règles anglaises dans la présentation des lettres commerciales et autres. L'OLF a publié un ouvrage intituléLefrançais au bureau pour établir un usage qui est un compromis entre les usages frangais et nord-américains.

Concl usions

L'étude attentive d'un grand nombre d'anglicismes, ou de formes prétendues telles, et l'établissement d'une typologie est l'occasion de re- fléchir à un certain nombre de difficultés.

La première a trait à la notion même d'anglicisme. Sur quelle base peut- on décider qu'on a affaire à un anglicisme? La "ressemblance" avec une forme anglaise ne saurait constituer une preuve suffisante d'interférence.

Ainsi plusieurs "anglicismes" pourraient s'expliquer par des raisons in- ternes au frangais. certaines erreurs d'orthographe peuvent s'expliquer par les pièges de l'orthographe française (on écrit "langue" mais "langage"), et on les retrouve dans toute la francophonie. Le pluriel de termes comme "pantalons", "culottes", etc. peut s'expliquer par le fait qu'il s'agit d'objets duels, et cet emploi se retrouve dans le français ancien ou populaire. L'évolution sémantique peut expliquer le passage de "banlieue" à "banlieues". L'emploi de l'adjectif en fonction adverbiale peut relever du registre parlé ou populaire. Le télescopage entre deux formes proches peut expli- quer la tournure "demander une question" (on dit "demander quelque chose", mais "poser une question"). D'ailleurs la forme est considérée comme vieillie par les dictionnaires. Des constructions comme "marier sa blonde" ou "aider à qqn" sont des archaïsmes. L'expression "en temps" peut être considérée comme un dialectalisme. De nombreux termes, qu'un exa- men hâtif a fait considérer comme des anglicismes sémantiques, sont plus certainement des archaïsmes. C'est le cas de: "académique", "breuvage", "clérical", "visiter qqn". Certaines extensions de sens pourraient s'expliquer dans le cadre du français. Par exemple, le passage de "paver" (poser des pavés) à "asphalter" une rue; de "température" (combien de degrés?) à "temps" (le temps qu'il fait); de "banqueu à "tirelire". Certains calques ne sont peut-être que l'extension d'un procédé interne ("banc de neige" sur le modèle de "banc de sable") ou l'expression de réalités différentes (une "barre" de chocolat n'est pas une "tablette" de chocolat). D'ailleurs le mot "barre", dans ce sens, s'est introduit récemment en France avec l'objet, etc.

Nous devons préciser que la limite entre anglicismes "typiquement cana- diens" et anglicismes "hexagonaux" n'est pas toujours facile à tracer. La situation évolue, et ce qui a été vrai une décennie ne l'est plus dix ans plus tard. Ainsi ne peuvent plus être considérés comme "typiquement canadiens" des anglicismes comme: "alternative", "agressif" (dynamique), "bo- nus", "développement" (recherche et développement), "éligible", "futur" (dans le futur), "littérature" (publications scientifiques), "lobbying", "set", "kit", "initier" (une politique), "opportunité" (occasion), "délocaliser" (ou rel- ocaliser), "se croiser les doigts", "dans le rouge", etc.

La deuxième difficulté consiste en l'établissement d'un classement aux catégories exclusives les unes des autres. Même si notre classement évite dans la grande majorité des cas les doubles emplois, il est évident que certains phénomènes linguistiques peuvent être appréhendés à partir de plusieurs points de vue.

Le même anglicisme peut être vu comme relevant de la morphologie, de la syntaxe (en fait, il faudrait parler de morpho-syntaxe) et du calque. La notion de calque implique un aspect morpho-syntaxique (au niveau de la construction du terme) et un aspect sémantique (II produit une notion nouvelle). La différence entre "lexical" et "sémantique" n'est pas toujours nette. Faut-il considérer les mots latins comme des emprunts lexicaux? Si "mémorandum", au sens de "note", est un emprunt sémantique, son abréviation "mémo" est-elle un emprunt lexical? "Affidavit", attesté dans une seule acception en français standard, est-il emprunt sémantique ou lexical? "Disposable" (jetable) et "filière" (classeur), qui n'ont pas de rapport sémantique véritable avec leur correspondant frangais, sont-ils des emprunts lexicaux ou sémantiques? La différence entre emprunt sémantique et calque est en partie artificielle. Certains termes peuvent s'employer soit seuls, soit dans un syntagme. Ils pourraient donc relever de l'emprunt sémantique et du calque. Ainsi "chambre" et "chambre des joueurs" (ves- tiaire); "huile" et "huile à chauffage" (mazout); "pouvoir" et "pouvoir électrique". D'autres participent du calque et de l'emprunt lexical : "chaise berçante" et "berçante" (mais "berceuse" serait un anglicisme sémantique?). La principale difficulté concerne en fait les s;yntagmes, car ils sont plus ou moins lexicalisés.

Principes méthodologiques à respecter

Ces quelques remarques nous amènent à proposer, ou à rappeler (en particulier à la suite de Poirier), quelques principes méthodologiques à observer quand on travaille sur les anglicismes en français canadien. Il con- vient en effet de :

1.Ne pas considérer le français de France, dans son état actuel, comme la seule référence valable. Le français de France, pour des raisons historiques, est souvent lui-même "déviant" par rapport à la "norme". Des événements comme la Révolution de 1789, le régime napoléonien, les luttes sociales et anticléricales des 19ème et 2Oème siècles, etc. ont eu des répercussions très importantes sur l'évolution du vocabulaire français en France même. Beau- coup de termes représentant un système d'organisation ou de pensée an- cien ont disparu avec la condamnation sociale et la disparition des institutions ou des notions qu'ils exprimaient. C'est le cas en particulier pour bien des aspects de la langue de la justice, de la religion, de l'enseigne- ment. Pensons aux mots "académique" et "graduation".

  1. Ne pas considérer l'anglais comme la seule source et la seule explication possibles de l'"écart" observé en français canadien par rapport au français de France. Plusieurs autres sources sont à envisager avant de pouvoir déterminer avec le moins d'erreur possible l'origine de l'écart. Et dans la considération de l'anglais comme source possible d'influence, il convient de bien l'observer dans son usage réel, en particulier dans son usage au Can- ada. Cela permettra d'éviter des rapprochements hâtifs et abusifs.

     

  2. Comparaison n'est pas raison. La seule "ressemblance" entre une forme du française canadien et de l'anglais ne saurait constituer la preuve suffisante de l'origine anglaise de cette forme. Il faut, au minimum, s'as- surer qu'il y a réelle correspondance an niveau du signe et du sens et, surtout, qu'aucune autre source ne peut expliquer la forme. Ainsi des termes comme "babillard", "coquerelle", "enfirouaper", longtemps considérés comme des anglicismes, auraient une toute autre origine.

     

  3. Il n'est pas suffisant de se contenter des indications fournies par les dictionnaires français. Les dictionnaires français unilingues, malgré de grands progrès ces dernières années, comportent encore des lacunes impor- tantes, en particulier du côté des formes anciennes, dialectales, familières ou relevant des français spécialisés ou non hexagonaux. Les dictionnaires bilingues donnent encore trop souvent des traductions ou des explications à des notions senties comme étrangères, anglo-saxonnes, alors qu'il existe souvent des expressions ou des termes français, en particulier dans les revues spécialisées ou grand public.

     

  4. Il convient de prendre en compte les différentes situations d'énonciation et les différents niveaux de langue, aspects également rela- tivement négligés par les dictionnaires et ignorés par plus d'un chercheur. A croire que seul l'anglais utilise plusieurs registres de langue!

     

  5. Il convient de pousser l'enquête en direction du moyen français et du français classique. En particulier, il y aurait lieu de procéder à une étude approfondie de l'usage réel et du vocabulaire concret de ces deux états de langue. On y découvrirait que beaucoup d'usages du français canadien proviennent directement de cette époque. C'est le cas pour des termes ou des constructions comme :appartement, barbier, breuvage, cabinet, marier qqn, visiter qqn, être d'opinion que, plombeur, etc.

     

  6. Il faut pousser l'enquête du côté des français de Belgique et de Suisse qui représentent souvent une situation analogue à celle du Québec. Ces deux pays n'ont pas connu non plus les mêmes changements sociaux que la France et ont conservé des structures et des mentalités plus proches du Canada frangais et du Québec sur plusieurs points très importants de la vie sociale. Ainsi on rencontre en Suisse les termes: académique (condamné par L'OlF), avant-midi, bouteille (biberon; aussi en Lorraine), musique à bouche.

     

  7. Il faut pousser l'enquête en direction des dialectes de l'Ouest de la France d'où proviennent la majorité des Canadiens français. Un grand nom- bre de termes, d'expressions et de constructions qui s'écartent du frangais "central" se retrouvent dans ces frangais "périphériques". C'est le cas de "bâdrer", de "en temps" ou de "boule à mite". Il faudrait aussi examiner les autres français régionaux, car plusieurs "écarts" du français canadien se retouvent dans ces frangais qui ont conservé des formes plus anciennes. C'est le cas, par exemple, en dehors des anglicismes, pour le sens des mots "déjeuner", "dîner", "souper".

     

  8. Il faut également examiner le frangais "colonial" et ces créoles, car à ses débuts le Canada était intégré, ne serait-ce que par le mouvement des ports de l'Ouest de la France, au circuit d'échanges et de communications qui unissait toutes les colonies françaises. Ainsi Claude Poirier (1978) fait remarquer que le terme "musique àbouche" s'emploie non seulement en Suisse, mais aussi à la Réunion, et qu'il est difficile de comprendre pourquoi "mouth organ" aurait donné "musique" et non "orgue"à bouche.

     

  9. Le français populaire est aussi une source à ne pas négliger. Par ex- emple, une forme souvent présentée comme un calque syntaxique de l'an- glais: "la fille que je parle avec" se rencontre en français populaire. De même les termes "patate", "babillard" (qui ne viendrait pas de billboard), les construc- tions, "pareil comme", "chercher après qqn", "pousser égal", "être vite".

     

11.Il convient d'améliorer notre connaissance des frangais des métiers et des professions, des langues semi-spécialisées ou spécialisées (langue du droit, du commerce, de la médecine, de la banque, du sport, etc.) dans leur usage réel.

12. Il ne faut pas négliger l'hypothèse d'une évolution interne autonome pour expliquer certaines formes "qui ressemblent à de l'anglais". Les règles internes du français et les lois de la sémantique peuvent apporter, dans bien des cas, une explication satisfaisante sans qu'il soit nécessaire de postuler une quelconque influence anglaise. Des termes comme: avant-midi (cf. après-midi), banc de neige (cf. banc de sable), possiblement (cf. probable- ment), dépendamment (cf. indépendamment) peuvent s'expliquer ainsi.

En conclusion, on ne peut pas, et on ne doit pas, se prononcer sur le statut d'anglicisme d'un terme avant d'avoir procédé à une enquête approf- ondie, enquête qui doit dépasser la simple consultation des ouvrages lexico- graphiques disponibles sur le marché.

Notes

'cette étude a été rendue possible grâce à une subvention de l'Office de la langue française du Québec. Mes remerciements vont à Mme Vachon L'Heureux de I'OLF, à mes assistantes de recherche, Mmes Bovet, Cormier, Curien, Fourmaux, Pelletier et Saillant, ainsi qu'à M. Guilbaut.

'~otre typologie repose sur i'analyse du corpus que nous avons établi pour la Banque de données linguistiques (Anglicismes) de I'OLF et intègre certaines données (catégories, ex- emples ou analyses) des travaux de nos prédécesseurs cités dans la bibliographie qui suit.

Références

Bergeron, Léandre. Dictionnaire de la langue québécoise. Montréal: VLB éditeur, 1980. Colpron, Gilles. Les Anglicismes au Québec: répertoire classifié. Montréal: Beauchemin, 1970. Darbelnet, Jean. Le Français en contact avec l'anglais en Amérique du Nord. Québec: PU Laval,

1976. . "Le maintien du français face à l'anglais au Québec". Le Français hors de France. Paris: Honoré Champion (1979): 61-74.

Meney, Lionel. "L'Enoncé d'une politique relative à l'emprunt de formes ,'inguistiques étrangères de i'OLF: essai d'opérationalisation et de validation des critères". LeLangage et l'Homme. Bruxelles. 28. l(1993): 27-48.

. . Office de la langue française. Enoncé d'une politique relative à l'emprunt de formes linguistiques étrangères. Québec: Service des communications de I'OLF, 1980. Poirier, Claude. "L'Anglicisme au Québec et l'héritage français". Travaux de linguistique québécoise. Tome 2. Québec: PU Laval (1978): 43-106.

. "Avant-Propos" et "L'Anglicisme en France et au Québec". Dictionnaire du français plus à l'usage des francophones d'Amérique. Montréal: Centre éducatif et culturel (1980): IX-XIX et 1848-1852.

-."Notes pour la discussion méthodologique sur i'anglicisme". Séminaire interdiscipli- naire intitulé: Anglicisme et Identité québécoise. Québec: CEFAN, Université Laval (1992):11et suiv.

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