Les Deux Versions du Horla: un parcours méthodologique pour l'analyse des textes en français langue étrangère

by Beatrice Ness
Citation
Title:
Les Deux Versions du Horla: un parcours méthodologique pour l'analyse des textes en français langue étrangère
Author:
Beatrice Ness
Year: 
1989
Publication: 
The French Review
Volume: 
62
Issue: 
5
Start Page: 
815
End Page: 
830
Publisher: 
Language: 
English
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Abstract:

 

Les Deux Versions du Horla: un parcours méthodologique pour l'analyse des textes en français langue étrangère

par Beairzce Ness

L-ENstcNEMENT DUN COURSDE FRANCAIS dit de "repêchage1' peut être ressenti comme une expérience périlleuse. Les étudiants qui composent ce cours d'expression écrite (niveau troisième année de francais, sixième semestre) trahissent une attitude d'autant plus défaitiste qu'ils ont suivi auparavant, dans le cursus spécifique de notre "college", des cours d'initiation au théâtre, à la poésie ou au roman, sans grand succès. Ce cours a donc pour but de consolider les bases hésitantes de nos apprenants en leur offrant des textes qui soient à même de les motiver dans cette expérience qu'ils considèrent souvent comme ultime. L'exigence d'une telle classe est donc double: d'une part, pallier une carence grammaticale des apprenants afin de consolider les acquis linguistiques; de l'autre, inculquer des modèles lexicaux et syntaxiques de type littéraire, par l'intermédiaire de textes "passionnants". Pour ce faire, j'ai emprunté à Maupassant ses deux premières versions du Horla et les ai soumises, en cinq séances, à des exercices de dissections diverses: c'est cette expérience et ses surprenants résultats que je vais retracer ici.

On se souviendra des divergences entre la première version et la seconde, écrites à six mois d'intervalle, en rappelant que c'est un narrateur externe, le docteur Marrande, qui, dans la première version de 1886, présente à ses collègues, en un récit encadrant, l'un de ses patients. Ce dernier livrera ensuite le rapport oral de sa démence, et le récit se clôt sur l'interrogation finale du psychiatre. A l'encontre de cette première version à la facture classique, la seconde se présente sous forme d'un journal intime. Le narrateur décrit cette "dépossession" progressive du moi par une présence invisible, le poussant à des actes criminels. La dernière phrase s'achève sur l'affirmation logique d'un schizophrène: "Il va donc falloir que je me tue, moi! . . ." (938). La diversité et la spécificité du vocabulaire employé dans ces deux récits courts rendent la compréhension souvent ardue pour des apprenants de F.L.E. Des exercices d'écriture et de réécriture permettent un travail de sensibilisation à la lecture: cette démarche s'est effectuée en trois temps:

1)A partir de la première page du Horla (deuxième version), une étude des champs lexicaux en micro- puis en macro-structure. 2) Un travail de réécriture de la première page du texte' par des exercices de réductions, expansions et reformulations diverses.

3) Enfin, par le biais d'une comparaison de la deuxième version à la première, une approche à l'analyse structurale en deux grilles de lecture (aspects + éléments) conduisant les apprenants à la "consécration" de leurs efforts: un essai critique sur le Horla.

1. ETUDE DES CHAMPS LEXICAUX (Les activités ci-dessous accompag- nent une première lecture.)

Une telle approche textuelle est essentielle pour comprendre la relation entre le sujet parlant et son discours, et la manière dont le scripteur a tissé sa narration. J'amorce donc cette étude par une lecture orale de la première journée du Horla (deuxième version). Au niveau paradigmatique, certains mots ne sont pas compris; au niveau syntagmatique, des structures sont ignorées des apprenants. La répartition de ces écarts s'est effectuée comme suit:

1. Un relevé systématique des verbes et des temps permet de saisir l'écart entre langage courant et langage soutenu ou littéraire (exemple: "s'assoupir", inconnu des étudiants). Le professeur s'efforce de faire découvrir les synonymes des verbes les moins compris: abriter (= couvrir), s'assoupir (= s'endormir), râler (= protester),ondoyer (= changer au fil de l'eau).

On relève aussi la présence d'antonymes tels que naitre/mourir, srtbeiller/ s'assoupir, et des répétitions de aimer (3 fois), passer (2 fois) et s'atfacher (2 fois). On note alors que ces antynomies et anaphores créent, sur le plan syntagmatique, un mouvement, un courant de force qui rythme et équilibre le récit.

Enfin, on constate la simplicité des verbes employés (verbes de possession, verbes d'état) et son but: cette neutralité voulue du verbe permet de mettre en valeur les éléments de la description.

En dernier lieu, nous examinons le temps des verbes et en particulier le présent (j'aime, je vois) qui installe le récit dans une permanence sereine. En répétant un même verbe au présent, le scripteur s'assure de la pérennité d'un état de bien-être.

2. Puis on répartit les adjectifs et substantifs en catégories sémantiques. Cette étude des champs lexicaux permettra d'appréhender les dominantes thématiques. Ainsi seront explicités les substantifs appartenant au vocabulaire marin: navire, remorqueur, goélette, pavillon, en procurant leur synonyme, quand cela est possible (ne pas oublier que le synonyme de convoi

est enterrement!). A cette dominante aquatique, soulignée par les verbes couler, passer, ondoyer, on oppose le vocabulaire architectural et religieux: cloche, clocher, flèche, fonte, airain, fer, caractérisant la force sécurisante (n'oublions pas que le narrateur tentera une dernière échappée vers Rouen, avant de prendre la décision de tuer le Horla). On y ajoute la symbolique protectrice de maison et aieux associée à platane, racines et terre-images telluriennes soulignées par les verbes couvrir, abriter et ombrager. Enfin, on fait remarquer aux étudiants la dimension éolienne du Horla en insistant sur les termes air (répété deux fois), brise et ciel.

3. Le travail sur les adjectifs permet aussi de constater les antynomies: frêles/larges, et les adjectifs appartenant au même champ sémantique: énorme, large, vaste, grande, etc. . . . Après ce premier exercice de décantage, on peut faire produire aux apprenants des opérations diverses sur la lexicalité.

Exemple: retrouver le substantif des adjectifs suivants: pointu, frêle, affaibli, luisant, etc. afin d'obtenir, là encore, mais différemment, la signification de termes inconnus.

4. En dernier lieu, on recherche les couleurs dominantes. Le professeur fait remarquer que le bleu (toits bleus, air bleu) et le blanc (un trois-mâts brésilien tout blanc) s'allient à des détails de la description et symbolisent toute la problématique du Horla: cet être invisible se manifeste au bord de l'eau (eau à la fois rassurante et menaGante dans une optique maupassan- tienne), et se caractérise par une transparence laiteuse.

Le vocabulaire une fois étudié, on constitue un exercice d'assimilation. On procède à un travail de gommage des verbes, substantifs et adjectifs analysés, et on introduit ce texte de clôture:

Cette première page du Horla comporte des blancs: retrouvez les mots

effacés:
(TEXTE ORIGINAL) (GOMMAGE)
8 mai.-Quelie journée admirable! 8 mai.-Quelie journée admirable!
J'ai passé toute la matinée étendu sur J'ai passé toute la matinée étendu sur
l'herbe, devant ma maison, sous l'herbe, devant ma maison, sous
l'énorme platane qui la couvre, l'a- l'énorme qui la 1'
bnte et l'ombrage tout entière. J'aime et 1' tout entière. J'aime 5
ce pays, et j'aime y vivre parce que j'y ce pays, et j'aime y vivre parce que j'y  
ai mes racines, ces profondes et ai mes , ces profondes et  
délicates racines, qui attachent un délicates racines, qui attachent un  
homme à la terre où sont nés et homme à la où sont nés et  
morts ses aïeux, qui l'attachentà ce morts ses ,qui l'attachent à ce 10
qu'on pense et à ce qu'on mange, aux qu'on pense et à ce qu'on mange, aux  
usages comme aux noumtures, aux usages comme aux noumtures, aux  
locutions locales, aux intonations des locutions locales, aux intonations des  

paysans, aux odeurs du sol, des vil- lages et de l'air lui-même.

J'aime na maison où j'ai grandi. De mes fenêtres, je vois la Seine qui coule, le long de mon jardin, demère la route, presque chez moi, la grande et laree Seine aui va de Rouen au

"

Havre, couverte de bateaux qui passent.

A gauche, là-bas, Rouen, la vaste ville aux toits bleus, sous le peuple pointu des clochers gothiques. Ils sont innombrables, frêles ou larges, dominés par la flèche de fonte de la cathédrale, et pleins de cloches qui sonnent dans l'air bleu des belles matinées, jetant jusqu'à moi leur doux et lointain bourdonnement de fer, leur chant d'airain que la brise m'apporte, tantôt plus fort et tantôt plus affaibli, suivant qu'eile s'éveille ou s'assoupit.

Comme il faisait bon ce matin!

Vers onze heures, un long convoi de navires, traînés par un remorqueur, gros comme une mouche, et qui râlait de peine en vomissant une fumée épaisse, défila devant ma gnlle.

Après deux goélettes anglaises, dont le pavillon rouge ondoyait sur le ciel, venait un superbe trois-mâts brésilien. tout blanc. admirablement propre ét luisant. J; le saluai, je ne sais pourquoi, tant ce navire me fit plaisir à voir.

FRENCH REVIEW

paysans, aux odeurs du sol, des villaees et de 1' lui-même. 15

"

J'aime ma maison où j'ai grandi. De mes fenêtres, je vois la Seine qui

,le long de mon jardin, demère la route, presque chez moi, la grande et large Seine qui va de Rouen au 20 Havre, couverte de bateaux qui passent.

A gauche, là-bas, Rouen, la vaste ville aux toits , sous le peuple

des gothiques. Ils 25 sont innombrables, ou larges, dominés par la de de la cathédrale, et pleins de qui sonnent dans l'air des belles matinées, jetant jusqu'à moi leur 30 doux et lointain bourdonnement de

, leur chant d' que la m'apporte, tantôt plus fort et tantôt plus affaibli, suivant qu'elle s'éveille OU 35

Comme il faisait bon ce matin! Vers onze heures, un long convoi de , traînés par un

,gros comme une mouche, et qui de peine en vomissant une 40 fumée épaisse, devant ma grille.

Après deux anglaises, dont le pavillon rouge sur le ciel, venait un superbe 45 brésilien. tout . admirablement propre et luisant. Je le saluai, je ne sais pourquoi, tant ce navire me fit plaisir à voir.

(On peut bien sûr donner en marge la liste des termes à retrouver.)

Cette première phase de travail lexical est donc importante puisqu'elle permet aux étudiants de prendre conscience de l'aspect ambivalent de la description maupassantienne, jouant sur les oppositions: largelfrêle; fort1 affaibli-qui remettent ainsi constamment en question la quiétude du narrateur. Car pourquoi entreprendre l'écriture d'un journal intime si tout va bien? Prendre la plume pour relater les "événement du 8 mai" n'est-ce pas déjà pressentir un décalage, et susciter "l'Invi~ible"?~ Après ce travail sur les difficultés lexicales de la première page, le professeur amorce une phase d'interrogation et montre comment l'émergence de ces différents

LES DEUX VERSIONS DU HORLA

champs lexicaux structure le texte. On passe alors à la phase de recon- stitution.

II.
LA REECRITURE
A.
Texte et lecteur (deuxième version)

Après ces exercices de mise en train sur le vocabulaire, les étudiants maîtrisent un peu mieux les structures lexicales et syntaxiques de l'auteur. Ils sont à même, en une seconde séance, de procéder au premier travail de réécriture du texte.

1. La réduction.

Dans les trois types de réduction de texte exposés par Pétroff, nous privilégions, en premier lieu, "la lecture-montage" qui permet aux apprenant en langue seconde de s'appuyer sur des éléments syntaxiques intégraux du texte source. C'est dans "Méthodologie de la contraction de texte" qu'A. Pétroff dégage trois types de réductions: 1)la lecture-montage; 2) le résumé synthétique; 3) la contraction de texte (53). La lecture- montage (qui nous occupe ci-dessous) reproduit dans leur intégralité les éléments primordiaux du texte source afin d'en mieux saisir les rapports logiques. L'étudiant ne doit en aucun cas, ajouter des éléments ne faisant pas partie intégrante du texte, mais ildoit opérer un travail de réduction sur syntagmes, travail rigoureux faisant appel à la logique de l'apprenant.

On procède ainsi à l'élaboration collective de la lecture-montage du "8 maiu-rappelons qu'il est utile d'imposer une contrainte de longueur (soixante mots, par exemple). La création, au tableau, et par la classe entière, de l'hypotexte de Maupassant-la "lecture-montagen-peut donner le résultat suivant:

8 mai-Quelle journée admirable! J'ai passé toute la matinée sur l'herbe,

devant ma maison. J'aime ce pays parce que j'y ai mes racines. De mes fenêtres,

je vois la Seine qui coule et là-bas, Rouen, ville aux clochers gothiques qui

sonnent dans l'air bleu. Ce matin, un superbe trois-mâts brésilien, tout blanc,

passa devant ma gnlle.

60 mots

Cette première réduction s'avère très aisée car les étudiants, par l'étude préalable des champs lexicaux, savent quels sont les segments prioritaires du texte: les couleurs (bleulblanc); l'élément aquatique (Seineltrois-mâts brésilien); et la symbolique rouennaise (Rouenlair bleu/clochers gothiques), liée à la sédentarité de la maison et des racines. Ils sont aussi à même de saisir, dans ce découpage typographique, les rapports logiques des éléments entre eux.

Après cette première réduction en "lecture-montage", on aborde le "résumé synthétique", beaucoup plus difficile pour les apprenants: en effet, il ne s'agit plus de reproduire les éléments du récit, ni de retraduire le climat d'ensemble, mais bien au contraire, de mettre en valeur les informations principales dans une langue précise et neutre-double problème auquel se trouvent confrontés les étudiants: d'une part, savoir décrypter les informations essentielles de la page; de l'autre, être à même de transcrire ce message en structures syntaxiques correctes.

En fonction de cet exercice, on sensibilise l'apprenant aux unités fondamentales de l'analyse structurale. Pour ce faire, on distribue en classe le découpage structural de la première page (Illustration I), et à l'aide d'un rétro-projecteur, on explique, en premier lieu, le noyau et la catalyse, puis les indices et les fonctions cardinales. On rappelera comment Roland Barthes dans ''l'Introduction à l'analyse structurale des récits" a structuré le récit en plusieurs groups d'unités: 1)les fonctions, composées de "fonctions cardinales essentielles au récit, et des "noyaux" (N), apportant un élément nouveau à la "fonction cardinale" dont ils sont complémentaires: 2) les catalyses (C), zones de "repos" du récit, à la fonctionnalité atténuée et qui remplissent l'espace narratif en répétant et élargissant les données du noyau; et enfin, 3) les indices qui renvoient à une atmosphère, un sentiment, un caractère. Le découpage structural de la première page ne peut qu'aider les étudiants à produire un résumé synthétique correct au niveau de l'information. Ainsi, après avoir analysé, en classe, la structure du texte, on propose les deux exercices suivants:

a. réduction minimale:

En utilisant le passé et la troisième personne du singulier "il", vous écrirez un résumé synthétique en utilisant tous les "noyaux":

Il faisait un temps superbe ce matin-là et il se rendit compte qu'il avait un grand amour pour sa maison natale. En bordure du jardin passait la Seine, couvertede bateaux, et àgauche Rouen, ville gothique.Vers onze heures, il vit des navires passer devant lui, et parmi eux, un trois-mâts brésilien si plaisant qu'il le salua.

Il convient de rappeler que, lors de l'élaboration du résumé, il est important de demander aux étudiants de gommer les "indices" du récit (ce qu'ils n'avaient pas fait dans la "lecture-montage" où au contraire, ils avaient tenu compte des éléments indiciels): cela signifie se départir des couleurs (bleu, blanc), indices du récit. Ce détail permet de mieux sensibiliser les étudiants aux termes d'indices versus noyaux.

b. réduction maximale:

En utilisant toujours les temps du passé, et une narration à la troisième personne, vous réduirez ce texte à ces noyaux essentiels (= fonctions cardinales).

Il faisait très beau ce matin-là et il regardait tranquillement la Seine couler devant sa maison. Vers onze heures, un trois-mâts brésilien passa.

ILLUSTRATION 1

Découpage structural de la première journée du Horla (2emeversion) > El 8 mai.-Queiie journée admirable!1 J'ai passé toute la matinée étendu sur l'herbe, devant ma

C -maison, sous l'énorme ulatane aui la couvre. N t2 l'abnte'et l'ombrage to;t entiè&.lJairne ce'pays, E3

C E4 et j'aime y vivrefparceque j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un C homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, E5 qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux noumtures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des viiiages et de l'air lui

même.

N C Eb J'aime ma maison où j'ai grandilDe mes fenêtres, je vois I~Seinequi coule, le long de mon DI -jardin, derrière la route, presque chez moi, la t7 grande et large Seine qui va de Rouen au Havre,

couverte de bateaux qui passent. A gauche, là-bas, Rouen, la vaste de aux toits N ER-A.

bleus, sous le wude uointu des clochers goth

.

C ques.lIls sont innombrables, frêles ou larges, E9

C Elo dominés par la flèche de fonte de la cathédrale,\et pleins de cloches qui sonnent dans l'air bleu des belles matinées, jetant jusqu'à moi leur doux et lointain bourdonnement de fer, leur chant d'ai-

C rain que la brise m'apporte, tantôt plus fort et tantôt plus affaibli, suivant qu'elle s'éveille ou s'assoupit.

C E12 Comme il faisait bon ce matin!

Vers onze heures, un long convoi de navires, N traînés par un remorqueur, gros comme une ,-mouche. et aui râlait de mine en vomissant une

, a

t13

fumée épaisse, défda devint ma gniie.

Après deux goélettes anglaises, dont le pavillon rouge ondoyait sur le ciel, venait un superbe [NI trois-mâts brésilien, tout blanc, admirablement propre et luisant.\je le saluai, je ne sais pourquoi,

C E15 tant ce navire me fit plaisir à voir.

Texte

~~~~~~IEIIE~IE~IE~IE~IE~IE~IE~IE~IEZOIE~~IE~~IE~~IE~~IE~~L

l I

t texte A B C lecond' Beau temps La Seine code Le trois-mâts brésilien passe

+
El,E2,etc...: éléments d'information qui suivent l'axe de successivité.
+
N = Noyau: élément porteur de rapports nouveaux
+
C = catalyse: dormation redondante
+
= fonction cardinale: élément sans lequel le récit n'est plus possible.

On peut bien sûr s'interroger sur les temps du passé: passé simple ou passé composé? Cette tranche du cours étant consacrée à l'acquisition de la langue littéraire, nous avons exigé des étudiants du groupe qu'ils soient à même de reproduire le passé simple. De plus, les connecteurs temporels et les termes charnières de l'articulation du discours sont souvent absents des premières ébauches de résumé établies par les apprenants: il convient donc au professeur de souligner leur nécessité dans la logique du discours. Enfin, et surtout, il est possible de concevoir l'image du trois-mâts brésilien comme un élément indiciel, et non comme une unité nécessaire au récit: il est difficile de percevoir cette image du navire "tout blanc" comme primordiale-quand seule la première page du récit a été lue. Le professeur fait remarquer aux étudiants combien cet élément est essentiel. Pour ce faire, on lit en classe la journée du "19 août" où l'on comprend comment cet élément du trois-mâts brésilien entre dans la logique interne du récit. C'est en effet dans cet épisode que le "je" narrateur lit dans La revue du monde scientifique qu'une épidémie de folie sévit au Brésil: il fait immédiatement le rapprochement avec ce trois-mâts brésilien, vu sur la Seine, le premier jour de ses troubles:

Ah! Ah! Je me me rappelle, je me rappelle le beau trois-mâts brésilien qui passa sous mes fenêtres en remontant la Seine, le 8 mai dernier! Je le trouvai si joli, si blanc, si gai! L'Etre était dessus, venant de là-bas, où sa race était née! Et il m'a vu! Il a vu ma demeure blanche aussi; et il a sauté du navire sur la rive. Oh! mon Dieu! (933)

Après avoir lu ce passage, on demande aux étudiants de lire (enfin!), en entier, la seconde version du Horla dont on a disséqué la première journée.

2. Expansions et variantes

Le principe de réduction du texte permet donc aux apprenants d'acquérir certains réflexes et qui sont, entre autres: 1)découper un texte en éléments d'information, 2)reconnaître les éléments redondants, 3) ne pas changer l'ordre des éléments du récit, 4) ne pas ajouter d'éléments! 5) ne pas supprimer d'unités et surtout . . . 6) ne pas donner son avis! Le principe d'expansion, qui nous occupe maintenant, bouleverse tous ces préceptes puisqu'il débouche sur la créativité de l'apprenant.

Pour introduire la troisième séance, on demande, en devoir écrit, la réduction des journées qui suivent la première, par exemple, le 25 mai, épisode du cauchemar, et enfin le2 juin, promenade dans la forêt de Roumare qui clôt le premier cycle de troubles. C'est en atteignant la seconde partie du texte ("2 juillet", épisode du Mont Saint-Michel) qu'est introduit un travail d'expansion, ces divers exercices ayant bien sûr pour but de faire produire aux apprenants les diverses formulations d'un même discours. Comme on s'en souvient, le "je" narrateur part en voyage au Mont Saint-Michel afin de se libérer de ses angoisses. La rencontre du

LES DEUX VERSIONS DU HORLA

narrateur et du moine peut générer de nombreux exercices de variations: en voici quelques-uns:

a.
Vous êtes le "je" narrateur du Horla: décrivez votre excursion au Mont Saint Michel (cette excursion se termine mal) (cette excursion se termine bien).
b.
Réécrivez la légende du bouc du Mont Saint Michel ou inventez votre propre légende du Mont Saint Michel. Les résultats de cet exercice peuvent être "confrontés" à la lecture de La Légende du Mont Saint Michel, nouvelle de 1882, donc antérieure au Horla (1887).
c.
Une variation très libre et très . . . lointaine composée par l'un des étudiants du cours débutait ainsi:

Pendant mes vacances je suis allé dans un monastère du Tibet. Sincère, ardent et sérieux, je cherchais la signification de la vie. J'avais dix jours pour la découvrir et je n'étais pas intimidé. Quand je suis amvé au monastère j'ai trouvé un moine qui chantait dune manière étrange-Ah quelle musique! J'ai pleuré de félicité. . . .

(texte comgé)

3. Reformulations

Ainsi, parfenu à la troisième partie du Horla, on reprend l'épisode parisien (séance d'hypnotisme) et on transforme le dialogue au style indire~t.~

On se remémorera la troisième partie du Horla dans laquelle le narrateur, afin de se libérer une seconde fois de ses obsessions, part pour Paris où il assiste à une séance d'hypnotisme (sa cousine étant l'hypnotisée). Ce passage, dialogué, et reformulé au style indirect donne, bien sûr, ce qui suit:

TEXTE ORIGINAL TEXTE MODIFIE

"Mettez-vous demère elle". dit le mé- Le médecin me demanda de me mettre 
decin . . . demère elle. 
Elle répondit: Elle répondit qu'elle voyait son cousin. 
"Je vois mon cousin Le médecin lui demanda alors ce que je 
-Que fait-il? faisais. 
-il se tord la moustache. Elle répondit que je me tordais la mou- 

(923) stache.

La retranscription du dialogue au style indirect pose toujours de nombreux problèmes (concordance des temps, pronoms): cette pause grammaticale sert donc de mise au point, et sert aussi de prétexte à faire lire et relire le texte par l'étudiant afin qu'il s'en empreigne.

La seconde partie de l'épisode sur l'hypnotisme se déroule le lendemain de la séance: la cousine du narrateur, "hypnotisée", vient lui demander cinq mille francs. Cette fois, on demande que le passage du dialogue au style indirect se fasse, non pas par l'intermédiaire du "je" narrateur, mais par la 3ème personne "il":

TEXTE ORIGINAL TEXTE AU STYLE INDIRECT

"Mon cher cousin, j'ai un gros service à Elle lui dit qu'elle avait un gros service 
vous demander. à lui demander. 
-Lequel, ma cousine? Il lui demanda lequel. 
-Cela me gêne beaucoup de vous le Elle répondit qu'eue était très gênée de 
dire, et pourtant, il le faut. J'ai besoin, le lui dire et que, pourtant, il le fallait. 
absolument besoin, de cinq mille Et qu'elle avait absolument besoin de 
francs. cinq miile francs. 
-Allons donc, vous? Il manifesta sa surprise. 

etc. . . . etc. . . .

(924)

Cet exercice de transcription au style indirect demande non seulement des étudiants des automatismes verbaux, mais aussi exige des facultés interprétatives: en effet les étudiants achoppent sur la dernière réplique du narrateur: "Allons donc, vous?" qu'ils se doivent de reformuler différemment.

Enfin, tous ces exercices d'assouplissement sont essentiels dans la mesure où ils forcent à une relecture du texte, toujours différente: ils sensibilisent l'apprenant en le poussant à percevoir la manière dont l'auteur a formulé son récit en fonction d'autres formulations du même discours. Ces exercices variés servent ainsi à faire sentir-donc àsavoir lire le texte en ses lectures plurielles. Lectures plurielles, écritures multiples: c'est ce à quoi nous invite, en une quatrième séance, l'étude comparée de la seconde version à la première.

B. Texte et auteur (première version)

1. Leç aspects du récit

La mouvance du discours maupassantien entre la première version de 1886 et la seconde beaucoup plus allongée de 1887 soulève une myriade de questions: car quoi de plus fascinant que la reformulation du même sujet par l'auteur, à un an d'intervalle?

Dans cette comparaison, il convient, en premier lieu, de faire prévaloir les aspects du récit. C'est dans son approche pédagogique structurale que Mieke Bal met tout d'abord en valeur les éléments du texte (événements, personnages, thèmes) avant de passer aux aspects du récit (narrateur, focalisation, rythme, fréquence) (8-12). Nous avons pris dans cette étude comparée du Horla le contrepoint de la démarche de Mieke Bal; car c'est bien entendu la présence du narrateur externe, le Docteur Marrande, qui marque, d'emblée, la différence essentielle entre les deux versions. Et c'est en effet le problème du narrateur que soulèveront, dès l'abord, les étudiants après lecture de la première version.

Ainsi, sera établie une première grille de lecture sur les aspects, grille stratégique qui débouche non seulement sur la compréhension, mais aussi

LES DEUX VERSIONS DU HORLA

sur l'interprétation du message littéraire. Le professeur distribue cette première grille (voir ci-dessous) et inculque le vocabulaire de base en posant les questions A et B. Puisil explique les problèmes de narration de la première version à l'aide des questions 1.et 2.

lère GRILLE DE LECTURE : LE HORLA (lère VERSION)

VOCABULAIRE A QUESTIONS : NARRATEUR
INTRODUIRE  
raconterlnarrer A) Au début du texte qui raconte? Qui narre?
la narration B) Comment se nomme le premier narrateur? Quel
narrateur (m) est son rôle?
se nommer  
le personnage  
(le caractère)  
le conteur 1) Les deux premiers paragraphes d'introduction cons-
le récit encadré tituent avec le ier narrateur le récit encadré: qui est
le récit encadrant le "je" du récit encadré? Pouvez-vous en donner
  une fiche signalétique?
le récitll'h~stoire (f) 2) Le 2ème narrateur fait le récit de sa folie: àquel
l'évènement (m) temps? Que cela ajoute-t-il au récit?
la chronologie  

1. Il convient de remarquer, en premier lieu, le rôle externe du premier narrateur par l'introduction des termes de récit encadrantlrécit encadré; on souligne l'artificialité du dispositif narratif utilisé par Maupassant.

On distingue alors, en un second temps, le récit (= événements tels qu'ils sont racontés par le narrateur) et l'histoire qui soustend le récit (= les événements dans leur suite chronologique).

Ceci permet ainsi d'insister sur le "je" bien défini de la première version, à l'encontre du "je" inconsistant de la seconde version, procédé habile d'assimilation narrateurllecteur. Il s'agit de rappeler à cet effet combien le "je" narrateur de la première version insiste avec précision sur sa fiche signalétique: son âge (42 ans), sa "profession", sa situation de famille, et même le nombre de domestiques à sa disposition.

2. En dernier lieu, le constat du récit au passé dans la première version permet de saisir l'impact du présent de la deuxième version: ce présent soutient l'intérêt et intrigue d'autant ~lus que l'on suit avec le narrateur les méandres de sa folie.

Il est possible d'offrir ensuite une seconde grille de lecture sur les rythmes et les fréquences:

2ème GRILLE DE LECTURE : RYTHMES ET FREQUENCES (les 2 versions)

VOCABULAIRE QUESTIONS : LES VITESSES DE RECIT

l'actionlse dérouler 3. En combien de temps se déroule l'action?

I'histoire/le récit 4. L'histoire est-elle lente? rapide? et le récit du narrateur?

LES FREQUENCES

répétitions (f.) 5. Trouvez-vous des répétitions dans ce texte? lesquelies?

redondances (f.) Qu'ajoutent-eues au récit? etc. . . .

anaphores (f.)

  1. La recherche des aspects temporels met en relief la lenteur de l'histoire de la première version (de l'automne à l'été) opposée à la précipitation de la deuxième version (du 8 mai au 10septembre). On notera alors la vitesse vertigineuse avec laquelle le narrateur, dans la seconde version, sombre dans la démence, créant l'impact narratif.

     

    1. Dans le cadre des vitesses du récit, il est alors nécessaire de constater combien la lenteur de l'histoire de la première version (à peu près un an) s'oppose à la vitesse avec laquelle le narrateur narre son récit-il se rend, du reste, compte de la faiblesse de son récit puisqu'il le confesse ouvertement à son auditoire:

       

    2. Je sens, Messieurs, que je vous raconte cela trop vite. Vous souriez, votre opinion est déjà faite "c'est un fou". J'aurais dû vous décrire longuement cette émotion d'un homme qui, enfermé chez lui, l'esprit sain, regarde, à travers le verre d'une carafe, un peu d'eau disparue pendant qu'il a dormi. J'aurais dû vous faire comprendre cette torture renouvelée chaque soir et chaque matin, et cet invincible sommeil, et ces réveils plus épouvantables encore." (825)
  2. Il est utile de mettre en valeur l'aspect de plaidoyer de ce discours déictique en signalant la récurrence des témoignages:

     

a. Le cocher maigrit et ajoute: "C'est mes nuits qui perdent mes jours." (824)-à opposer à la deuxième version: "C'est mes nuits qui mangent mes jours." (919)

b.
Le départ du cocher
c.
La maladie similaire de Monsieur Legite, voisin
d.
La querelle furieuse entre les domestiques
e.
Un verre se brise
f.
Trois des voisins sont atteints
g.
L'épidémie de folie au Brésil

Cet empilement de témoignages détermine nettement la différence entre les deux versions: dans la première version, un espace géographique déterminé est vicié;-s'en exclure signifie, sinon la guérison, du moins la tranquillité d'âme; dans la deuxième version, n'apparait pas de témoignage aussi systématique car l'espace conquis par le Horla n'est plus uniquement externe: Le Horla a enfin réussi à pénétrer, dans cette deuxième version,

LES DEUX VERSIONS CUHORLA 

l'espace intérieur de l'être. Ceci en explique le caractère beaucoup plus tragique.

2. Les éléments du récit (2ème version)

Cet examen des rythmes et des fréquences permet d'aborder les éléments du récit, et d'évaluer la fonctionnalité des événements.

On rappellera comment Barthes dans son analyse structurale des récits divise le récit en fonctions, représentant le "faire", de l'action; et d'autre part, en indices, représentant "l'être". Il dégage alors deux catégories de récits: 1.les récits fortement fonctionnels tels que les contes populaires, 2. les récits fortement indiciels tels que les romans psychologiques: La Parure est un exemple de nouvelle fortement fonctionnelle; Le Horla (deuxième version) l'est moins, dans la mesure où adoptant la forme d'un journal intime, l'auteur n'est pas à l'abri (par ce "je"), des épanchements d'états d'âmes, marque des récits indiciels. Il n'en reste pas moins vrai que cette deuxième version du Horlapeut se structurer en fonctions-témoin l'analyse structurale qu'en donne Philippe Hamon. N'oublions pas que les étudiants ont déjà été familiarisés à la notion de fonction et de catalyse lors de la réduction de texte: les catalyses sont redondantes par rapport au noyau; les fonctions cardinales (= noyaux) représentent, quant à elles, les moments de risque du récit. Ce sont ces "fonctions cardinales" que nous recherchons dans la deuxième version, en posant la grille de lecture suivante:

3ème GRILLE DE LECTURE :LES ELEMENTS (2ème version)

le récit 6. Quels sont les évènements essentiels de la seconde version? un évènement ou bien: quelles transformations dans le récit sont

importantes? une succession 7. Découpez le récit dans ses fonctions cardinales (ne une transformation pas oublier que seuls les évènements qui ont des une fonction conséquences sont des noyaux) le dénouement 8. Quel est, à votre avis, le thème essentiel du Horla? le thème Que signifie "Horla?"

6. On répond à cette grille en traitant, en un premier temps, le Horla (2ème version) comme un discours argumentatif avec:

prémiçse arguments conclusion
J'aime vivre dans mon Un être invisible vit à côté  
beau pays. de Moi.  
  Arguments contraires:  
  1. somnambulisme  
  1. vampirisme

     

  2. hypnotisme

     

-

--possession -----c II faut tuer cet être.

Impossible! II faut me tuer.

  1. A partir de ces nœuds d'argumentation primaire, il est possible de passer au découpage du texte en fonctions cardinales:

     

  2. Après cette division en fonctions (au tableau), on proposera aux étudiants, de discuter la thématique du Horla, en réfléchissant au problème de la nomination. On soulèvera les diverses hypothèses sur le nom: hors de la-Zola-horrible-hurler-alors, etc., et on s'interrogera sur le nom du voisin Legite, nom significatif puisqu'il sera délogé dans son espace!

     

SERENITE 1. lamvée du Horla lère partie 8 mail3 juin
ANGOISSE    
  2. le voyage au Mont 2ème partie: 2-6 jdet
  Saint Michel  
SERENITE    
ANGOISSE 3. i'épisode de l'eau et  
  du lait  
SERENrrE puis    
BOULEVERSEMENT    
  4. le voyage à Pans 3ème partie: 12-21 juillet
ANGOISSE 5. l'épisode de la rose 4ème partie: 30 juillet-14
    août
  6. fuite manquée à 5ème partie: 15-17 août
  Rouen  
  7. la page tournée  
  8. l'épidémie 6ème partie: 19-21 août
  brésilienne  
EPOUVANTE 9. vision du Horla  
DEMENCE 10. l'iicendie de la 7ème partie:10septembre
  maison  
MORT 11. échec: décision du  
  suicide  

Puis à l'issue de cette quatrième séance, en examen conclusif, on demandera aux étudiants de réduire à une page le Horla (2ème version). On retrouvera, bien sûr, les fautes habituelles: interprétations, "mutilations" de parties essentielles du texte source, etc. L'étude préalable en fonctions

LES DEUX VERSIONS DU HORU

cardinales présente néanmoins l'avantage de réduire les problèmes de réduction.

III. L'ECRITURE: CONCLUSION

Ainsi muni du vocabulaire de la dissertation distillé à travers cette analyse structurale comparée des deux versions, l'apprenant aura champ libre afin de produire, en vue d'une dernière séance, un essai critique libre sur le Horla. Dans ce travail final, les étudiants du groupe avaient choisi soit de comparer les deux versions, soit de focaliser leur attention sur un thème bien particulier qui les avait frappé au cours de leur lecture tel que "la blancheur dans le Horla", l'aliénation du moi", etc. Bien sûr, quelques maladresses étaient encore présentes, mais l'ensemble des étudiants avait compris le texte et avait su transcrire clairement ses idées sur le sujet.

Toute ces approches sur le Horla atteignent alors leur but dans l'essai final des étudiants puisqu'elles sont conçues afin de transmettre une compétence de lecture: car enfin, seul un échange intense entre le texte et l'apprenant permettra à ce dernier d'acquérir les outils critiques nécéssaires au décryptage littéraire.

Notes

id idée originelle de réécriture de la première page du Horla (2ème version) revient à J. P. Goldenstein qui dans sa communication "Lire et écrire avec Maupaussant" Colloque de Cerisy. Cerisy, juillet 1986, esquissa diverses approches à la sensibilisation d'un texte: réécrire la première page du Horla était l'une d'elles.

ans son article sur le Horla, A. Targe expose ce qu'il appelle "la formation du Horla": écrire ce journal intime, c'est engendrer, créer le Horla. '~e suis redevable ici des idées de Gerald Herman dans son article sur les modifications verbales en classes d'écriture.

Références

Bal, Mieke. "Analyse structurale du récit: ordre dans le désordre." Le français dans le monde 130 juillet 1977: 6-14. Barthes, Roland. "Introduction à l'analyse structurale des récits." Poétique du récit. Paris: Seuil, 1977. 7-57. Goldenstein, J. P. "Lire et écrire avec Maupassant." Colloque de Cerisy-la-salle. Cerisy,

juillet 1986. Hamon, Philippe. "Le Horla: essai de description structurale." Littérature 4 déc. 1971: 31-43. Herman, Gerald. "Pedagogical Techniques for advanced writing classes: verb modification."

the French Review 60 Mar. 1987: 466-473. Maupassant, Guy de. "Le Horla" [première version]. Contes et nouvelles. ed. La Pléiade. vol. 2. Paris: Gallimard, 1979. 822-830.

. "Le Horla" [de 18871. Contes et nouvelles. ed. La Pléiade vol. 2. Paris: Gallimard, 1979.

913-938. Pétroff, André. "Méthodologie de la contraction de texte." Langue française 26 mai 1975: 41-45. Targe, André. "Trois apparitions du Horla." Poétique 24 (1975): 446-459.

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